Après les sommets de la Cordillère Royale, nous voici en souterrain mais toujours à 4000m d'altitude, à la découverte des mines de Potosi.
Point culture indispensable sur cette mine, le plus grand gisement d'argent de l'histoire de l'humanité, qui a joue un rôle majeur dans l'économie sud-américaine.
C'est un indien qui révéla l'existence de la mine aux espagnols en 1545, s'en suivirent alors 4 siècles d'exploitation ou périrent plus de 8 millions d'indiens et esclaves africains.
Le développement de Potosi est fulgurant, plus grande ville d'Amérique au XVIIIème siècle, avec 160000 habitants, aussi importante que Paris et Londres, régulant les flux des ports de Lima et Buenos Aires, seule ville d'Amérique du Sud déclarée ville impériale par Charles Quint, avec pour devise "Je suis la riche Potosi, le trésor du monde, la reine des montagnes et la convoitise des rois". Les expressions "c'est le Pérou" ou "Eldorado" (le dore) font référence à cette mine, alors sous la vice-royauté du Pérou. Ces mines firent ainsi la grandeur de l'Espagne mais causèrent aussi sa chute, le pays s'endettant fortement auprès des autres pays européens ; ces cash flow arrivés d'Amérique lancent les bases du capitalisme !
La chute de Potosi, au début du XIXème siècle, avec l'épuisement des filons d'argent et la découverte d'autres gisements, est brutale ; la ville ne compte ainsi plus que 9000 habitants en 1825.
Aujourd'hui, Potosi compte 145000 habitants et il ne reste que quelques témoignages de ses richesses passées. Environ 15000 mineurs travaillent encore dans les mines, à leur compte, l'état s'étant désengagé de la production de minerais à Potosi vers 1995. La ville est située à proximité des usines de traitement de minerais, où les normes anti-pollution semblent peu respectées.
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| El Cerro Rico (la mine qui surplombe la ville) |
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| Les usines de traitement... belle piscine de dechets... |
La visite des mines est un moment fort, à 200m de profondeur, discutant avec les mineurs qui passent leur journée sous terre à mâcher des feuilles de coca pour couper la faim mais continuent à arborer un grand sourire dans une ambiance assez graveleuse. Les conditions de sécurité semblent précaires et l'atmosphère est étouffante, nous n'avons pas de mal à comprendre pourquoi la plupart meurent de problèmes pulmonaires. Chaque groupe de mineurs, très rivaux, constitue une coopérative et creusent la où ils le désirent, à la recherche de zinc, argent, cuivre ou autre, provoquant ainsi parfois des explosions de dynamite à proximité d'autres groupes.
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| Avant d'entrer, le sourire |
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| Sympa ces trucs toxiques au dessus de nos tetes |
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| Attention la tete et les fuites d'air comprime |
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| On est riche (dommage c'est du cuivre...) |
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| Don Pablo avec qui nous avons partage une goutte d'alcool a 96 degres |
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| Et boum.... |
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| El tio... le diable de la mine... ici depuis les Espagnols |
A bientôt
Bises minérales
Thomas et Louis
PS actu : Nous venons de passer la frontiere avec le Chili apres 3 jours memorables dans le desert (article a suivre)... Maintenant, c'est parti pour la descente vers la Patagonie!!!









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